mardi 8 août 2017

L'impact généalogique de l'exode canadienne-Française du 19ème siècle


C'est une période de l'histoire canadienne qui a eu beaucoup d'impacts sur la vie de nos ancêtres. Elle se situe entre 1840 et 1930 environ. À cette époque, le flux migratoire était énorme... 

Beaucoup de personnes sont allées aux États-Unis pour se faire de l'argent. Certains y sont restés pour de bon, d'autres ont fait le va-et-viens entre le Canada et les Etats-Unis. La situation économique du Canada était difficile et les États-Unis promettaient des bonnes places dans les usines pour un meilleur salaire qu'ici. Beaucoup de québécois ont voulu profiter de l'occasion. 

C'était facile de trouver de l'emploi là-bas, les québécois avaient bonne réputation. On les disait bon travailleurs et surtout, moins enclin à protester sur les conditions de travail et à faire la grève.

C'était des gens seuls, des couples et même des familles qui traversaient les frontières. Le gouvernement et le clergé ont tout fait pour retenir les citoyens: octroie de nouvelles terres à cultiver, diffamations envers ces catholiques qui n'en sont pas vraiment... Parce qu'il n'y avait pas beaucoup d'églises dans ce pays anglophone et que ces personnes allaient être assimilées à la culture protestante...

D'autres croyaient le contraire, ils pensaient que plus de canadiens-français se déplaçaient vers les anciennes terres de la Nouvelle-France, plus les chances étaient grande de pouvoir ré-annexer un jour ces terres au Québec. Une conquête pacifique.

Les québécois se sont bien implantés dans leur nouveaux milieu. Ils ont construit des nouvelles églises catholiques et de nouvelles écoles, bien que le clergé n'ait pas donné beaucoup d'aide, du moins au début. Ils sont sont établis surtout dans le Michigan, Maine, le Vermont, le New Hampshire, le Massachusetts, le Rhode Island et le Connecticut. Une vague moins importante s'est aussi rendue dans le Michigan, le Minnesota, l'Oregon, l'Idaho et l'état de Washington.

Le flux s'est apaisé vers 1930, à cause de la crise économique de 1929. À ce moment, les Etats-Unis a décidé de fermer sa frontière à la migration canadienne. On croit que pendant l'exode, environ 1 million de québécois auraient tenté leur chance chez l'Oncle Sam.

Au point de vue généalogique, ça complique les choses. Si on de la difficulté à trouver le mariage d'un couple, est-ce que c'est parce qu'ils se sont mariés aux États-Unis? Dans certaines familles, on voit des enfants nés aux Etats-Unis et d'autres au Canada, pourquoi ce va-et-vient? Pourquoi certaines de ces familles ont décidé de rester et d'autre non? Pourquoi les registres des passages Canada-États-Unis ne mentionnent pas tout le monde? Certaines personnes sont "disparues" des registres, sont-elle décédées de l'autre côté de la frontière?

C'est une période qui apporte beaucoup de questions et complique la tâche d'un généalogiste. D'autant plus que les archives numériques sont payantes pour la plupart des États. J'ai déjà essayé de chercher un mariage par Ancestry et Family Search. Pour moi, ça n'a pas donné de résultats. Pas plus que mes recherches au Québec et en Ontario. Dans ce cas, si on ne trouve rien nul part, nos suppositions ne s'appuient sur rien.

Si on croit qu'une famille X est partie, disons, dans le Maine, on peut toujours contacter la Société généalogique de l'état. Attendez-vous cependant à payer pour que quelqu'un puisse faire la recherche pour vous. De plus, il n'est pas garanti qu'il y ait une découverte découlant de cette recherche.

Pour plus d'informations sur cette période historique, je vous conseille de suivre les liens de mes sources. C'est une période qui s'étend sur presque un siècle et l'exode a une place importante dans notre histoire.

Exceptionnellement, je ne ferais pas de texte le 16 août prochain. Je pars en vacances! Mon prochain billet sortira donc le 30 août. Ce sera le premier billet d'une série de deux ou trois sur mes découvertes concernant le premier arrivant Frégault (Frigo) en Nouvelle-France, François. C'est le résumé d'environ 5 ans ans de recherches...

Sources:
http://grandquebec.com/histoire/migration-etats-unis/
https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1987-v41-n1-haf2377/304520ar.pdf
http://www.levasseur.org/doc/dossiers/200202_Emigration_US_fra.pdf
http://www.mapageweb.umontreal.ca/dessurec/hst2426/Emigration.pdf

mercredi 26 juillet 2017

La famille de Robert Caron et Marie Crevet, mes SOSA 4112 et 4113

Pourquoi chercher un SOSA si loin me direz-vous? C'est simple, à ma dixième Génération (SOSA 514 et 515), je rencontre le couple d'Étienne Caron et Geneviève Tondreau, me ce ne sont pas les premiers représentants de leur familles en Nouvelle-France. J'aime bien me rendre aux premiers. Les premiers Tondreau seront le sujet d'un futur billet.

Donc, je me concentre sur Robert Caron et Marie Crevet (ou Crevel), tous les deux des pionniers.

Commençons avec Marie. Elle est née vers 1621 à Béneauville dans le Calvados (Normandie). Ses parents sont Pierre Crevel et Marguerite Lemercier. Pierre serait décédé avant 1637 et Marguerite en 1637. D'ailleurs, on estime que Marie à débarqué en Nouvelle-France en 1637. Comme le premier contingent de Filles du Roy est arrivé en 1663, on peut affirmer que Marie n'était pas l'une d'entre elles. Cependant, on devait déjà parler d'envoyer des femmes en Nouvelle-France, ou du moins de trouver des moyens d'augmenter la population. Marie était orpheline et avait 16 ans. En plein dans l'âge où on a le goût d'aventure.

Robert, lui sera probablement né en 1612 et il est arrivé en Nouvelle-France en 1635 ou 1636. Certains affirme qu'il aurait pris un bateau appartenant à la Compagnie des Cent-Associés. On ne connait pas le lieu de naissance ni les parents de Robert. L'église de Québec, le lieu de son mariage avec Marie, a brûlé en 1640. Le répertoire a été reconstitué de mémoire, mais le nom des parents de Robert a dû être oublié par celui qui avait écrit la nouvelle copie. La rumeur veut tout de même que Robert soit de Poitou-Charentes.

L'année même de l'arrivée de Marie, 1637, le couple s'est marié. c'était le 25 octobre. Robert a été fermier probablement toute sa vie. Le couple a eu 7 enfants:

Marie
          N: Vers 1638, lieu indéterminé
          M: 28 juillet 1656 à Québec avec Jean Picard
          D: 9 juin 1660 à Québec

Jean Baptiste
          B: 10 juillet 1641 à Québec
          M: 16 novembre 1661 à Château-Richer avec Marguerite Gagnon
          D: 28 décembre 1706 à Ste-Anne-de-Beaupré

Robert
          B: 20 février à Québec
          M: 14 novembre 1674 à Château-Richer avec Marguerite Cloutier
          D: 29 avril 1714 à Ste-Anne-de-Beaupré

Marie Catherine
          N: 23 novembre 1649 à Québec
          M: 30 novembre 1662 à Château-Richer avec Jacques Dodier
          D: 14 juin 1725 à Baie St-Paul

Joseph (mon SOSA 2056)
          N: 19 mars 1652 à Québec
          M: inconnu. Contrat de mariage 23 novembre 1683 avec Isabelle Bernier (mon SOSA 2057)
          S: 6 mai 1711 à Cap-St-Ignace

Pierre
          N: 11 juillet 1654 à Québec
          M: 19 février 1678 à Québec avec Marie Bernier (soeur d'Isabelle Bernier)
          D: Inconnu

Aimée
          N: Vers 1656, lieu inconnu
          M: Avant le 27 octobre 1673, lieu inconnu, avec Noël Langlois Traversy
          D: 4 octobre 1685 à Beauport

Robert a eu sa sépulture le 8 juillet 1656 à Québec. Marie, elle, a vécu 92 ans et a eu sa sépulture le 23 novembre 1695 à Baie-St-Paul. Leur descendance a été nombreuse; le nom de Caron est classé le 21ème nom de famille le plus populaire au Québec.


Le sujet de mon prochain billet sera sur l'impact généalogique de l'exode canadienne-française du 19ème siècle.

Source:
PRDH
Fichier Origine
naviresnouvellefrance.net
https://www.wikitree.com/wiki/Crevet-11
http://lequebecunehistoiredefamille.com/capsule/Caron/genealogie

mercredi 12 juillet 2017

Des Poilus canadiens

Lors de la première guerre Mondiale, les français avaient surnommés leurs soldats de tranchées "Poilus". Le sens du terme poilus avait une double signification. On pense d'abord à la pilosité, mais ça voulait aussi désigner une personne courageuse et virile. 

Jusqu'à vendredi passé, j'ai toujours cru que les canadiens s'étaient rallier sous la bannière britannique. Après tout, le Canada est une monarchie constitutionnelle, ce qui veut dire que le roi ou la reine britannique possède le commandement suprême de l'armée canadienne.

Voilà que j'apprends dans un texte publié dans le Cahier des Dix qu'il y avait aussi des poilus canadiens durant la grande guerre! Quand on y réfléchi un peu, on se dit "Pourquoi pas?"... Le sentiment d'appartenance était probablement ambiguë chez les canadiens français. Doit-on servir sous la bannière britannique ou française? On se sent beaucoup plus proche de ses cousins français que des anglais! 

Du côté politique, le gouvernement avait décidé de limiter l'enseignement en français au deux premières années du primaire et à une heure par jour en 1912. Le règlement était plus ou moins suivi, mais 1916, les inspecteurs ont été plus sévère par la suite. Des grèves de professeurs et d'étudiants éclatent à Ottawa.

En 1917, le gouvernement Borden met la circonscription en place. C'est qu'on manque de volontaires. Les anglais, comme les français, ne sont pas content. Il y avait des raisons économiques, par exemple, on avait besoin des fils dans les champs pour cultiver le blé et continuer à avoir une ferme rentable. 

De fortes manifestations se déclenchent au Québec. C'était en pleine période de mesures de guerre. Il y avait des soldats armés un peu partout dans les grandes villes. De plus, les francophones ont aussi une autre raison d'être choqués. S'ils servent dans l'armée, se sera en anglais. Il n'existait pas de régiments francophones. Sous la pression d'hommes influents, dont Wilfrid Laurier (alors ancien premier ministre du Canada), le fédéral a formé une unité francophone, le Royal 22ème Régiment. 

La manifestation du 1er avril 1918 est sanglante. Des gens s'étaient regroupés à Québec. On tente de disperser les gens, mais sans succès. On envoie la cavalerie pour intimider, ça ne marche pas. On crie (in english please!) à la population de rentrer chez elle. Les gens restent, j'imagine que crier en anglais a juste mis de l'huile sur le feu. On tire alors sur les manifestants qui paniquent. Quatre personnes sont tuées: Honoré Bergeron (49 ans), Alexandre Bussière (25 ans), Edouard Tremblay (23 ans) et Georges Demeules (15 ans). L’événement a aussi fait environ 70 blessés. Cinq d'entre eux était sol
dat, ils ont été blessé par des projectiles lancés par les manifestants.

À la lecture de la situation politique canadienne de l'époque, on comprends mieux les francophones qui ont décidé de s'enrôler dans la Légion Étrangère Française.

Il y a environ 170 000 canadiens français qui ont préféré allez s'enrôler dans la Légion Étrangère de la France. Ça signifie 11% des soldats canadiens qui ont combattus.

Le prochain billet ( 26 juillet): La famille de Robert Caron et Marie Crevet, mes SOSA 4112 et 4113.


Sources:
https://rha.revues.org/7426
http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/670350/premiere-guerre-mondiale-consequences-canada-quebec-jean-michel-leprince
https://l-express.ca/bataille-des-epingles-a-chapeaux/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Poilu
http://www.pourquois.com/histoire_geo/pourquoi-surnomme-t-soldats-14-18-poilus-.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meute_de_Qu%C3%A9bec_de_1918
https://www.erudit.org/fr/revues/cdd/2016-n70-cdd02912/1038746ar/     (Cahier des Dix, n.70, 2016, p. V-436, Les Poilus canadiens durant la Grande Guerre
http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/415254/la-memoire-de-la-grande-guerre-la-guerre-oubliee-des-poilus-quebecois
https://www.franceculture.fr/emissions/sur-les-docks-14-15/14-18-la-grande-guerre-des-canadiens-francais-une-memoire-emmuree

samedi 1 juillet 2017

Post-mortem Challenge AZ 2017

Quelle belle expérience!

Ça bien sûr été difficile à organiser. Je me suis décidée tard, soit environ deux semaines avant le challenge. Mais j'ai adoré mon expérience!

Pour l'année prochaine, j'ai déjà une idée de ma ligne directrice. Je veux m'y prendre plus tôt, question d'voir plus de temps pour la recherche. Bien sûr, la rédaction demande du temps, mais ce n'est rien comparé à la recherche! Il va juste falloir que je me tienne à mon idée, je suis du genre à changer d'idées facilement :) .

Pour la dernière semaine, je me demandais bien si j'allais pouvoir finir dans les temps. Je voulais absolument que mes articles paraissent à la date prévue par le challenge. J'ai l'impression d'avoir passé moins de temps pour peaufiner ces derniers articles. Mais à la fin du compte, je crois que la qualité y était mais que je devenais peut-être plus exigeante sur le produit final. Un autre problème qui se réglera en m'y prenant plus d'avance.

L'expérience m'a aussi redonné le goût d'écrire. J'avoue avoir perdu un peu du feu sacré pendant l'hiver... Il s'était passé pas mal de choses dans ma vie privée et je n'étais pas capable de me trouver du temps (et le goût) d'écrire. Il faut dire que je n'avais pas un lectorat très développé. L'avantage de ce genre de défi est justement d'attirer plus de gens à lire les articles. Avant le défi, j'avais eu environ 1500 visites en un an. Avec le défi, en un mois j'ai eu pas loin de 3550 visites! Environ 2000 lectures en un mois, ça fait chaud au cœur. J'ai eu pas mal d’encouragements (pas tous publiés car beaucoup verbal) et des suggestions pour améliorer l'apparence et le contenu du blog. D'ailleurs, il me fait toujours plaisir d'avoir ces remarques si elles sont constructives, ainsi je peux offrir un blog de meilleure qualité.

J'aimerais à partir de maintenant publier un texte tous les deuxièmes et derniers mercredis du mois. Pour être sûr de ne rien manquer, vous pouvez vous abonner à mon blogue ou une de mes pages Google + (Julie Frégault et Généalogie québécoise). Je pense aussi peut-être me partir une page Facebook juste pour ça, je vous donnerais des nouvelles là-dessus quand elle paraîtra. Si les généathèmes continuent, il y a de bonnes chances pour que j'y participe. Et je peux toujours adapter un sujet à la sauce québécoise...

Encore merci de m'avoir suivi et j'espère que vous continuerez à me lire. J'ai aussi découvert quelques blogs que je suivrai avec joie.

Alors , on se revoit dans deux semaines?


Merci à Céline pour avoir partagé deux de mes billets sur son blog.
Merci aussi à Magenea pour avoir partagé un de mes billets sur son blog.
Merci à Scribavita pour ses beaux commentaires à propos de mon challenge

Cliquez sur leurs noms et faites un petit tour pour voir leur travail, ça vaut la peine!



vendredi 30 juin 2017

Z comme Zachée, Fille du Roy - Challenge AZ

François Zachée (Jachier)

C'est la fille de François Zachée et Claude Millot. Elle est née vers 1655 à St-Barthélemi, Paris, mais baptisée seulement 1669 parce qu'elle était née protestante. Comme on acceptait que des catholiques pour être Fille du Roy, elle a probablement décidé de se faire baptiser plutôt que de feindre être catholique. Son père était maître boursier à Paris, elle devait être habituée à un certain mode de vie.

Elle est probablement arrivée en 1670 sur le navire St-Jean-Baptiste qui était parti de Dieppe. Sur son premier acte de mariage, celui avec Claude de Xaintes (Dessein ou de Saintes), on précise que le père de Françoise est décédé. Ce doit être la raison pour laquelle Françoise est devenue Fille du Roy. Françoise n'avait que 15 ans lors de son arrivée.

C'est le 27 avril 1671 qu'elle se marie avec Claude de Xaintes à Québec. Son mari était un bourgeois et un coutelier (donc fabricant et vendeur de couteau). Avec lui, Françoise va avoir deux enfants:

Louise (Louise de Xaintes est l'objet d'un de mes billets de blog. Cliquez ici)
            N: 26 février 1672 à Québec
            M: 12 janvier 1688 à Québec avec Bertrand Arnaud
            D: 15 février 1705 à Boucherville

Claude (fille)
            N: Vers 1674, lieu inconnu
            M: 28 septembre 1693 avec Charles Demonseignat à Québec
            S: 18 décembre 1702

On ne connait pas la date de décès de Claude, le mari de Françoise. On sait par contre qu'il est décédé en 1685 ou avant puisque le 1er décembre 1685, Françoise s'est remariée avec Antoine Gourdeau dit Beaulieu. C'était encore un mariage avec un homme de la noblesse québécoise. Il était contrôleur à la réception des castors à la ferme du Séminaire de Québec. Malheureusement, il est mort noyé en novembre 1691 à seulement 36 ans. Françoise et lui n'ont pas eu d'enfants.

Ensuite, Françoise s'est mariée une troisième fois. C'était avec un homme de grande influence, René-Louis Chartier, Sieur de Lotbinière. Le mariage à eu lieu le 16 mai 1701. 

René-Louis était entre autre conseiller du Roi. Il était bien positionné au sein du Conseil Souverain et de la milice. Il a été aussi subdélégué de l'intendant de Montréal, codirecteur de la Compagnie du Nord et de la Compagnie de la Colonie.  Il est décédé le 3 juin 1709 à l'âge de 68 ans. Pour une biographie plus complète sur cet homme, cliquez ici.

À l'aide de ses trois mariages, Françoise à su avoir une position sociale enviable et une vie mondaine développée. Elle a pu offrir une qualité de vie à ses filles qui était probablement semblable à celle qu'elle avait eu en France plus jeune. Elle est décédée le 23 octobre 1718 à Québec.

Mon prochain billet sera un post-mortem du Challenge AZ de cette année. Il sortira samedi le premier juillet.

Sources:
http://lesfillesduroy-quebec.org/les-filles-du-roy/listes-et-tableaux/177-les-filles-du-roy-en-un-tableau
http://lesfillesduroy-quebec.org/publications/invitations-a-la-lecture/136-louise-de-xaintes-une-vie-en-nouvelle-france
généalogiequebec.info
PRDH
nosorigines.qc.ca
biographi.ca

jeudi 29 juin 2017

Y comme Yardin, la sage-femme - Challenge AZ

Marie Yardin (ou Hyardin)

Elle est née à St-Germain-L'Auxerrois, archevêché de Paris. Ses parents sont Jean Hyardin et Marguerite Chesné. On sait qu'elle est arrivé en 1668 ou avant, mais on ne sait pas dans quel bateau elle avait embarqué.

Elle s'est mariée le 9 octobre 1668 à Québec. Le couple n'a pas eu le bonheur d'avoir un enfants. Ils auraient pu puisque Pierre est décédé en décembre 1708. Comme Marie est décédée après lui, on peut supposer qu'un des deux était stérile.

Marie a quand même, à sa façon, contribué à la colonisation du territoire par les français en Nouvelle-France. Elle était sage-femme jurée. Les sages-femmes jurées sont des sages-femmes certifiées, approuvées comme étant compétentes. Marie était probablement déjà sage-femme jurée lors de son arrivée à la colonie.

Pour cause de pudeur, on fait appel à la sage-femme plutôt qu'au chirurgien ou médecin qui intervient seulement en cas de complications. La césarienne est une intervention qui est quand même rare.

En Nouvelle-France, les connaissances de sage-femme était souvent transmises de mère en fille. Elles pouvaient être approuvées par la ville, comme à Québec en 1714 avec Simone Buisson. À d'autres places, comme à Boucherville, on devait prêter serment devant le prêtre. D'ailleurs, il était même suggéré aux femmes de s'organiser des élections pour nommer les sages-femmes. Révolutionnaire comme façon de faire!

Les sages-femmes travaillaient de façon bénévole. Mais en 1714, Simone Buisson à commencé à toucher un salaire pour ses services! Ceci avait pour but d'attirer plus de femmes à pratiquer la profession et aider Suzanne à transmettre son savoir. La compétition pour la position était donc plus féroce à ce moment-là.

Les sages-femmes étaient instruites, elles pouvaient signer leurs noms. Se sont des femmes bien mariées et avaient de bonnes mœurs. Elles travaillaient en concert avec les chirurgiens, ils n'étaient pas en compétition. Il devait même avoir une école de sages-femmes en 1754, mais la conquête à empêché la réalisation du projet. C'était des femmes très actives au sein de leurs communautés.

Il n'était pas rare que la sage-femme reste quelques jours chez celle qui venaient d'accoucher. Elle restait pour prodiguer des conseils, faire la lessive, à manger... La femme qui venait d'accoucher devait se reposer. La probabilité de mortalité après la délivrance était assez élevée. La sage-femme était rassurante et aidait le couple à passer à travers l'accouchement et les premiers jours du nourrisson. Son rôle n'était donc pas que médical mais aussi psychologique.

Les sages-femmes pouvaient aussi baptiser les bébés nouveaux-nés si ceux-ci étaient en danger de mort et que le prêtre n'était pas présent. Si le bébé survivait, un baptême plus officiel avait lieu à l'église. S'il mourrait, on avait une garanti qu'il ne soit pas au purgatoire pour l'éternité. C'était du sérieux.

Il arrivait aussi que celles-ci doivent témoigner dans certaines affaires à la cour. C'est une preuve que la sage-femme était quelqu'un de respecté et écouté. Voici quelques exemples où Marie Yardin a dû se rendre en cour pour témoigner:

En 1701 contre Elisabeth Campeau, accusée d'abandon d'enfant.

En 1703, Marie témoigne en tant que sage-femme dans le procès de Louise de Xaintes et Marie Anne Edmond, accusée une après l'autre d'avoir tué un bébé nouveau-né.

En 1705, Marie a témoigné en tant que sage-femme lors du procès de Pierre de Saint-Ours, accusé de rapt et viol sur la personne d'Hélène Celoron.

En 1707, pour attester le mariage de Marie Lamy et Jean Duval. Le registre avait brûler lors d'un incendie. Marie était veuve en 1707 et voulait prouver son mariage avec Duval.

En 1717, dans un procès entre Pierre Ozanne et son épouse Marguerite Girard et Jean Picard et son épouse Madeleine Rapin pour calomnies.

Encore en 1717 lors de la prise en charge d'un enfant abandonné par Catherine Achin, nourrice improvisée et son époux Mathieu Larchevêque.

On le voit, Marie, malgré le fait qu'elle n'a pas eu d'enfants, a eu une vie bien remplie. Elle a eu sa sépulture le 31 mars 1724 à Montréal.


Demain, c'est mon dernier billet du challenge avec Françoise Zachée!



Sources:

http://naviresnouvellefrance.net/html/vaisseaux2/fillesduroi/FillesduroiIL.html
Hélène Laforce "L’univers de la sage-femme aux XVIIe et XVIIIe siècle." Cap-aux-Diamants 13 (1985): 3–6. 
PRDH
https://oraprdnt.uqtr.uquebec.ca/pls/public/gscw031?owa_no_site=374&owa_no_fiche=1
https://www.la-genealogie-dherve.com/articles/challenges/challengeaz-2013/168-sages-femmes-en-nouvelle-france.html

mercredi 28 juin 2017

X comme Xaintes, née riche, décédée pauvre - Challenge AZ

Louise de Xaintes, née riche, décédée pauvre.

Louise de Xaintes (Dessein) est la fille de Claude et Françoise Zachée. C'est la fille d'une Fille du Roy. D'ailleurs, Françoise Zachée sera l'objet de mon dernier billet pour ce challenge.

Mais revenons à Louise. Elle est née le 26 février 1672 à Québec. Son père était coutelier et bourgeois. Louise a grandit dans la haute-société de la Nouvelle-France. Son père étant décédé jeune, Louise a ensuite eu deux beaux-pères. Eux aussi ont fait partie de la bourgeoisie.

Louise a épousé Bertrand Arnaud, un migrant de la France, le 12 janvier 1688 à Québec. À ce moment, Bertrand était un riche marchand. Le couple a plusieurs enfants:

François Bertrand:
            B: 2 avril 1689 à Québec
            S: 27 juillet 1689 à Québec

Louise:
            B: 15 mars 1690 à Montréal
            M: 23 août 1712 à Québec avec Alexandre Rivet
            S: 17 juin 1717 à Québec

Madeleine Charlotte:
            B: 11 février 1692 à Montréal
            M: 16 août 1707 à Montréal avec Robert Depoitiers
            S: 1er novembre 1708 à Montréal

François:
            B: 1er février 1693 à Montréal
            S: 11 mai 1693 à Montréal

Catherine:
            N: 1er avril 1694 à Montréal
            M: 5 août 1715 à Québec avec Jean François Pelletier
            S: Inconnue

Marguerite:
            N: 24 février 1696 à Montréal
            M: 6 septembre 1715 à Québec avec Gabriel Lambert
            S: Inconnue

François Bertrand:
            N: 27 décembre 1697 à Montréal
            S: Inconnue

Nicolas:
            N: 6 juin 1699 à Montréal
            D: 7 juin 1699 à Montréal

Joseph Augustin:
            N: 28 mars 1700 à Montréal
            S: inconnue

Anonyme (sexe inconnu):
            N: 12 janvier 1705 à Boucherville
            D: 12 janvier 1705 à Boucherville


Probablement que Louise a cru pouvoir poursuivre le train de vie auquel elle était habituée en se mariant avec Bertrand. Puis, les affaires ont commencé à décliner. Bertrand a fini par abandonner sa femme, enceinte, pour pouvoir devenir coureur des bois. Mais l'aventure n'a pas payée pas autant qu'il l'aurait voulu. Il revient avec des peaux de mauvaise qualité. Un maigre butin qui ne suffisait pas à payer toutes les dettes que la famille avait contracté.

N'ayant pas beaucoup de moyens, Louise a dû emprunter à sa famille. Il a même fallu qu'elle loue sa maison et s'exile à l’Île Bertrand. C'est là qu'elle a rencontré René Boucher.

Comme Louise et René ne veulent pas faire les frais des ragots, les amants ne se voient que la nuit. Tout va bien, jusqu'à ce qu'on retrouve un nouveau-né mort. Vu les blessures du bébé, on peut facilement supposé un meurtre: gorge tranchée, mâchoire brisée, le crâne fendu... Je vous épargne les détails...

La machine à rumeur s'est emballée. La relation de Louise et René a été mise à jour et Louise est soupçonnée du meurtre. Louise s'en sort, mais René à dû partir de l’Île Bertrand.

Louise meurt le 15 février 1705, suite à son dernier accouchement, un enfant mort-né. Bertrand n'était pas là lors du décès de Louise et du bébé. Quand il est revenu, la maison était vide et il n'y avait plus de femme. Les enfants du couple ont été mis sous tutelle, puisqu'ils étaient encore mineur.

Demain, c'est le tour de Marie Yardin, sage-femme.

Sources:
http://lesfillesduroy-quebec.org/publications/invitations-a-la-lecture/136-louise-de-xaintes-une-vie-en-nouvelle-france
PRDH
http://pistard.banq.qc.ca/unite_chercheurs/description_fonds?p_anqsid=201706261451242086&p_centre=03Q&p_classe=TL&p_fonds=5&p_numunide=840391
http://pistard.banq.qc.ca/unite_chercheurs/description_fonds?p_anqsid=201706261451242086&p_centre=06M&p_classe=TL&p_fonds=4&p_numunide=861379