mardi 3 octobre 2017

La fin du monde de 1663

Pardon, mon article arrive une semaine en retard! La rentrée scolaire et la confection des costumes d'Halloween de mes garçons ont pris beaucoup de mon temps. Mais voici, comme promis, mon article sur le tremblement de terre de 1663.

Le 5 septembre 1663 à été une très belle journée, au point de vue de la météo. Mais vers 17:30, tout bascule, la terre s'est mis à gronder et trembler. La poussière, épaisse, se soulevait... C'était probablement le tremblement de terre le plus violent de l'histoire humaine qui a secoué le Québec et une partie des États-Unis.

Beaucoup d'encre a été coulé sur le sujet. Il y a une multitude d'écrits scientifiques qui décrivent le tremblement de terre. Ce qui m'intéresse ici, c'est plutôt la réaction des contemporains et la place que la religion a eu pour expliqué l'événement.

Bien sûr, on n'avait pas d'instruments pour mesurer le tremblement de terre, on ne peut donc pas l'évaluer sur l'échelle de Richter. On l'a plutôt mesuré sur l'échelle de Mercalli qui se base sur les observations et le vécu. Les secousses de 1663 se situent entre 7 et 9 sur l'échelle de Mercalli. Voici comment on sentirait ces secousses aujourd'hui: "Les gens ont du mal à tenir debout. Les conducteurs sentent leur voiture secouée. Quelques meubles peuvent se briser. Des briques peuvent tomber des immeubles. Les dommages sont modérés dans les bâtiments bien construits, mais peuvent être considérables dans les autres.(1)" C'est aussi l'équivalent au tremblement de terre du 25 novembre 1988. Celui-ci était de 6 sur l'échelle de Richter et de 7 sur celui de Mercalli. Je m'en souviens encore de ce dernier, j'avais 11 ans. J'avais eu peur. Et pourtant, je n'étais pas sur l'épicentre! Certains scientifiques croient même depuis quelques temps que le tremblement de terre serait plus puissant que cette estimation...

Les contemporains de 1663 ont bien sûr eu peur. Les superstitions et la religion se devaient d'expliquer l'événement, la colère de Dieu n'est pas à prendre à la légère. Et cette colère faisait bien l'affaire de certains gens d'église.

Depuis un moment, les jésuites demandait aux colons d'arrêter de vendre de l'alcool aux amérindiens. La vente de l'eau de vie aux peuples autochtones était une activité très lucrative mais faisait des ravages au sein des communautés. En plus, les églises n'étaient pas achalandées autant qu'ils auraient voulu...

À partir de ce moment, les bancs d'églises se sont remplis et il y a eu une augmentation de confessions de péchés. Et pour aider encore plus l'Église, plusieurs répliques ont suivies, de février à septembre 1663. Pas aussi fortes que celle du 5 février mais assez pour rappeler au colons que Dieu continue de les surveiller!

L'événement à bien sûr été rapporté en Europe. On voit bien que la peur était bien présente par la description des cris, du bruit assourdissant de coups de canons avant les secousses, d'un homme qui se serait attaché à un arbre, de fissures dans les murs, de portes qui s'ouvrent ou se referme seules, des cloches qui se mettent à sonner, d'éboulis... La création de la région des Éboulements... Le tout rapporté entre autre par le jésuite Hierosme Lalemant dans ses "Relations" et dans la correspondance de Marie de l'Incarnation à son fils Claude. 


On se mit même à chercher des événements précurseurs! Des amérindiennes catholiques et une religieuse aurait eu des prémonitions. En 1662, il y a eu une comète et en janvier 1663, les colons ont pu observer le phénomène de parhélies (c'est un effet d'optique qui donne l'impression qui'il y a trois soleils dans le ciel).


Bien que le tremblement de terre ait eu des répercutions dans la vie des colons de l'époque, l'histoire s'est surtout penché sur les causes et répercussions scientifiques. Mais depuis peu, les historiens se penchent de plus en plus sur l'histoire "sociale". C'est-à-dire, qu'on essaie maintenant de savoir comment les gens vivaient, se qu'ils ressentaient... Le sujet du tremblement de terre de 1663, au point de vue humain, commence à intéresser les historiens. Nul doute que l'événement, un peu tombé dans l'oubli, deviendra un sujet de recherche historique populaire.



Je reviendrais le 25 octobre avec un sujet "hallowenesque": l'histoire de la possédée de 1660. Le sujet risque d'être difficile, c'est pour ça que je me laisse plus de temps pour l'écrire. Je vous souhaite un beau mois d'octobre et vous donne rendez-vous dans trois semaines!


Sources:

https://www.lefil.ulaval.ca/the-big-one-35342/
https://www.republiquelibre.org/cousture/1663.HTM
http://www.diffen.com/difference/Mercalli_Scale_vs_Richter_Scale
(1)https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chelle_de_Mercalli
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1663_dans_Charlevoix
https://www.erudit.org/fr/revues/cd/2013-n114-cd0658/69444ac.pdf
https://tolkien2008.wordpress.com/2010/04/25/la-terre-a-tremble-en-nouvelle-france-5-fevrier-1663/
https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1982-v36-n3-haf2328/304068ar/
http://www.cihofm.com/nouvelles/L-impact-historique-du-seisme-de-1663-explique-par-une-experte-2013-03-06-05-00
Jacques Lacoursière. « 1663. Tremblement de
terre ou pénitence », Cap-aux-Diamants, no 82
(2005), p. 10-13.
https://www.erudit.org/fr/revues/cd/2005-n82-cd1045506/7067ac.pdf
Lynn Berry. « “Le Ciel et la Terre nous ont parlé”.
Comment les missionnaires du Canada français
de l’époque coloniale interprétèrent le tremblement
de terre de 1663 », Revue d’histoire de
l’Amérique française, vol. 60, nos1-2 (été-automne
2006), p. 11-35.
https://www.erudit.org/fr/revues/haf/2006-v60-n1-2-haf1466/014593ar/
Hierosme Lalemant, « Relation de ce qui s’est
passe de plus remarquable aux missions des
peres de la Compagnie de Iesus en la Nouvelle-
France és années 1662. & 1663 », dans Reuben
Gold Thwaites, The Jesuit Relations and Allied
Documents, Travels and Explorations of the Jesuit
Missionaries in New France 1610-1791. Cleveland,
Burrows Brothers, 1909, vol. 48, p. 58.
(p. 17-179).

mercredi 13 septembre 2017

François Frigot, mon premier ancêtre sur le sol de la Nouvelle-France (Partie 2 de 2)

2ème partie

La famille de François

Grâce à internet et le nombre d'outils disponible, j'ai pu trouver l'acte de naissance de François. Celui-ci est né le 12 septembre 1740 à Teurthéville-Bocage. Ses parents Thomas Frigot et Charlotte Gilbert.

Certains croient qu'un certain Pierre Frigot, qui s'est présenté au témoignage de liberté de mariage de François Hamel, serait le frère le François. Il vient environ du même coin, ce que certains prennent comme preuve de filiation fraternelle entre François et Pierre. Je n'ai pas trouvé d'enfants du couple Frigot-Guilbert qui porte le nom de Pierre, ce qui ne prouve pas non plus l'absence de filiation. Le certificat de témoignage à été rédigé en 1762 et Pierre était déjà âgé « d'environ 40 ans », ce qui mène sa possible année de naissance en 1722. Or, Thomas et Charlotte se sont mariés le 31 juillet 1736. Ne serait-il pas plutôt un oncle ou un cousin? J'ai développer  une lignée détaillée à partir du couple Thomas Frigot et Jacqueline Ingouf jusqu'à la génération de François (voir sa lignée directe à la fin du texte) En tout, j’ai développé 4 générations et je n’ai trouvé aucun Pierre dans leur descendance. 

François a eu plusieurs frères et sœurs. Il y a Jeanne Magdeleine, Louis, Jean Thomas, Marie Charlotte, Françoise Charlotte, Martin, Anne... Lors de mes recherches, j'ai trouvé qu'en plus de François Vigor et Pierre, deux autres Frigot ont fait le voyage jusqu'en Nouvelle-France. L'un se nomme Louis et l'autre François. Je sais que ce deuxième François est un soldat au régiment de Berry. Je ne crois pas qu’il y ait une filiation avec mon ancêtre. Ce François est né à Paris. Par contre ce qui est de Louis... La seule trace que j'ai est un rolle de débarquement à Louisbourg, et ensuite, plus de traces. Je ne trouve rien en France sur son  mariage ou son décès. 

Rien n’indique s'il s’est établit en Nouvelle-France ou si il est retourné chez lui. Lui aussi est arrivé en 1754. On le dit venu de Cortainville et âgé de 15 ans. François Vigor a un frère qui s’appelle Louis. Celui-ci est né le 11 novembre 1738. J’y vois une possible filiation,  mais comment être sûre sans acte de mariage et de sépulture? Aurait-il été une des victimes de la Guerre de la Conquête? La guerre a provoqué la perte d’archives importantes à Louisbourg, ce qui peut expliquer l’absence d’informations concernant Louis.


Dans un autre ordre d’idées, j’ai voulu en savoir plus sur l’endroit où a grandi François. En regardant la carte de Teurthéville-Bocage, on peut observer que quelques hameaux portent des noms de familles. Un de ces hameaux se nomme La Frigotterie. Me demandant si ce ne serait pas le lieu de vie de mes ancêtres, j'ai écris à la mairie de la ville. Réponse : il y a de fortes chances que mon ancêtre y soit né!

Pourquoi quitter la Normandie?

Encore faut-il expliquer la raison de la migration de François. En 1754, nous sommes au tout début de la guerre des 7 ans en Amérique. Certains l’appelle aussi la Guerre de la Conquête. Les hostilités se fomentaient depuis un moment en France, mais la guerre a commencé avant en Amérique. Ce qui explique que les dates officielles sont 1758 à 1763 en Europe mais de 1754 à 1763 en Amérique. C’est pendant cette guerre qu’a eu lieu le Grand Dérangement, qui est en fait la déportation des Français acadiens en 1758. Plusieurs Acadiens iront d'ailleurs se réfugiés à Cherbourg... Bref, on a sûrement senti la guerre arriver en France puisque ça faisait un petit moment qu'on sentait les frictions entre les pays européens. Puisqu'officiellement la guerre commence en 1754 en Amérique, peut-être que François n'était pas au courant des frictions qui existaient entre français et anglais de l'autre côté de l'océan...

Le roi Louis XV est de plus en plus critiqué. Les changements de mentalités, le désir d'accès à un mode de vie moins difficile et une justice plus juste commence à émerger. La révolution française tranquillement en place, la populace et les penseurs expriment de plus en plus leurs opinions. Les bourgeois ont de plus en plus de pouvoirs au point de vue économique. La position sociale dû à la naissance devient de moins en moins importante... Après tout, c'est le siècle des lumières! Des nouvelles opportunités s'ouvrent, le rêve d'une vie meilleure est maintenant permis.

Dans ces conditions, l'attrait du Nouveau-Monde peut être compréhensible pour les habitants. Une pêche qui promet l'abondance, la facilité d'accès à une terre (souvent en location car le système seigneurial était de vigueur), l'offre grandissante d'emploi pour les gens de métier... (tonnelier, notaire, avocat, tavernier, couturier, briquetier, apothicaire, charron, cordonnier...) C'était des perspectives d'avenir alléchantes pour les personnes qui ne trouvaient pas de travail ou vivaient dans la pauvreté.

En conclusion

Nous avons de la chance, les archives de la France sont de plus en plus numérisées et offertes gratuitement. Seulement certaines bases de données sont payantes, mais il est toujours possible de faire nos recherches sans dépenser un sou.

Ceci nous aide, nous les généalogistes québécois, à pousser plus loin nos recherches sur la terre de nos ancêtres français sans quitter le confort de notre foyer. Il faut profiter de cette opportunité pour enrichir nos recherches et essayer de creuser sur les raisons de la migration des premiers arrivants.

Pour ma part, j'ai découvert quatre Frigot et j'ai encore pleins de mystères à élucider.

Si vous avez des informations sur la famille Frigot à me partager ou autres réflexions sur cet article, vous pouvez m'écrire à fregault@gmail.com

En 1663, un puissant tremblement de terre à fait croire à certains colons que c'était la fin du monde, rien de moins! Je vous en parlerais le 27 septembre prochain!

Lignée directe de François Frigot

Thomas Frigot et Charlotte Guilbert (ou Gilbert)
31 juillet 1736, Teurthéville-Bocage

Louis Frigot et Françoise Poignant
1er décembre 1691, Teurthéville-Bocage

Thomas Frigot et Jacqueline Ingouf (ou Ingnouf)
26 novembre 1662, Teurthéville-Bocage

Michel Frigot et Perrine Cadel
? novembre 1617, Teurthéville-Bocage


Sources principales

Rolles des equipages sur microfilms
Témoignages en liberté de mariages sur microcartes
Programme de recherches en démographie historique de l'Université de Montréal (PRDH) www.genealogie.umonreal.ca
Banques de données du Cercle Généalogique de la Manche www.cg50.org
Archives numériques de la manche www.manche.fr
Combattre pour la France en Amérique : Les soldats de la guerre de sept ans en Nouvelle-France 1755-1760; Le Projet Montcalm sous la direction de Marcel Fournier; Société généalogique canadienne-française; 2009; p.359


mercredi 30 août 2017

François Frigot, mon premier ancêtre sur le sol de la Nouvelle-France (Partie 1 de 2)

Mon nom de famille est Frégault, un dérivé avec le temps du nom Frigot. Un nom assez rare au Québec, pourtant, notre famille avait toutes ses chances de se développer! Malgré les quatre représentants Frigot qui se sont pointés en Nouvelle-France, la famille ne s'est pas développée comme pour celle des Tremblay, des Boucher ou encore celle des Brodeur.

Je crois pourtant que nos quatre prédécesseurs ont leur place dans l'histoire. Il y avait François Vigor Frigot (ou Frigault), mon ancêtre, Louis Frigot, Pierre Frigot, et enfin, un autre François Frigot. Celui-ci était soldat.

Au cours de cet article, je vais m'attarder surtout sur François Vigor Frigot, que j'appelerais simplement François pour alléger le texte. Le but de ma recherche est de savoir d'où vient François et d'essayer de comprendre le pourquoi de sa venu.

Les archives québécoises

Pour pouvoir déterminer l'origine de François, il m'a fallu consulter certaines archives qui concerne la Nouvelle-France. En voici trois non négligeables qui m'ont permis de remonter jusqu'à Teurthéville-Bocage.

Les rolles d'embarquement

Selon les rolles d'embarquement des navires à St-Malo et Gaspé nous indique que François était un jeune homme de 15ans, un natif de Theurtéville en Bocages en Coutances, pas très grand, aux cheveux clair, fils d'un certain Thomas. Le bateau sur lequel il a embarqué, la Sainte-Olive, était parti de St-Malo le 19 mars 1954. La Sainte-Olive était un navire commandé par Charles Costard qui transportait des armes et de la marchandise.  François faisait parti des 5 passagers embarqués à St-Malo, qui ont été enregistrés pour l'embarquement le 13 mars 1754. Il y avait aussi 3 officiers, dont le capitaine Costard, 10 matelots, 4 novices, 2 mousses et 5 personnes « trouvées » dont trois sont qualifiées de déserteurs. Il faut ajouter à cela  les membres de l'équipage de L'Ange Félix, donc 14 nouvelles personnes. Ainsi donc, 43 personnes se sont tassées sur un navire de 80 tonneaux, probablement un trois mâts. Sachant que les voyages vers la Nouvelle-France prenait environ 3 mois, j’estime que François est débarqué à Gaspé en juin 1754. Trois mois confiné dans un espace réduit sans accès à des conditions hygiéniques adéquates et probablement une alimentation déficiente. Il faut être courageux et avoir une certaine volonté pour vouloir faire un voyage dans ces conditions et laisser sa famille derrière pour une contrée encore en plein développement...

L'acte de mariage de François

François Vigor, aussi appelé François Jean s'est marié le 17 juillet 1767 à l'Islet avec Marie-Claire Caron, soit plus de 10 ans après son arrivée. Le lecture de l'acte nous permet de confirmer la provenance de François ainsi que plus de détails sur le nom de ses parents. Voici une transcription de l'acte en question. Certaines parties sont illisibles puisqu'il y a des taches d'humidité. 

« L'an mil Sept cens Soixante Et Sept le vingt Six et la
publication de trois bans de mariage entre Francois (…)
de Thomas frigot Et de marie charlotte gilbert d'une part
de tourte ville evêche de coutance d'une part de Marie claire
fille Detienne Caron Et de genevieve tondreau Sans quel (…)
aucune opposition; moy Sousigner Jai recu leur mutuel consentement
de mariage et Leur ay Donné La bénédiction nuptiale et ce presence du
coté de Lepoux de pierre provot et du cote de la fille d'etienne
Caron pierre Caron Joseph Gagnion 
Signature du prêtre Joseph »

Le couple Frigault-Caron auront 4 enfants qui se marieront : Claude, Marguerite, Joseph-Marie (mon ancêtre) et Jean-Baptiste.

Un témoignage en liberté de mariage

On trouve aussi des renseignements dans le témoignage en liberté de mariage en faveur de François Hamel.  Voici une transcription :

« L’an mil sept cens et Deux Les dix de fevrier par Tolerance de La part De Monsieur Briand
Vicaire général de Québec authorisé d’écouter et faire preter serment aux témoins qui pourroint se presenter pour attester qu’un nommé françois hamel fils de pierre hamel et françoise garnie de La paroisse d’Avranche
Nous curé de L’islette avons, après serment preté entendû déclarer à pierre frigo agé d’environ quarante ans ainsi que le dit hamel : avoir quoy qu’éLoigné de Douze Lieux (évêché de coutance) L’un de L’autre fait plusieurs campagnes tant par mer que par terre, sans avoir eu aucunne connoissance que Le Dit françois hamel fut marié
François frigo serment presté a declares estre venu à Gaspé avec Lui dit françois hamel sortant du meme endroit quoy qu’en different vaissau et estre venue en Canada avec luy sans avoir connu ni sçu que le dit françois hamel fut marié
Michel Charuel serment presté nous a declares qu’étant parti un an après Le dit françois hamel de la paroisse de biard il n’avoit jamais sçu ni entendu dire que françois hamel fut marié
Enfin quand à moy ayant été Le dit hamel pandant deux ans mon Domestique, ayant auparavant demeuré à La rivierre Ouelle Je n’ay point sçu que Le dit françois hamel fut marié en foy de Quoy a Lislette ce 10€ fev. 1762
Dolbec Ptre
aucuns témoins ne sçavent signer
Dolbec Ptre »

On comprends donc que François n'était pas tout à fait seul lors de l'aventure de la traversée, même s'il n'était pas ensemble sur le même bateau, François avait un ami qui venait d'Avranches. Avranches, tout comme Teurthéville-Bocage, se situe dans le département de la Manche, d'où probablement la signification de l'expression « sortant du même endroit ». Pierre Frigot en ajoute en disant que lui même habitait l'évêché de Coutances, soit a seulement 12 lieux (environ 48 km) de chez Hamel. La preuve de la provenance de François Frigot peut paraître moins claire, mais peut venir appuyer la confirmation de l'hypothèse.



Me voici donc bien armée pour traverser l'Atlantique et continuer mes recherches en France!

Le reste de l'article sera publié le 13 septembre et sera accompagné d'une liste de sources.

mardi 8 août 2017

L'impact généalogique de l'exode canadienne-Française du 19ème siècle


C'est une période de l'histoire canadienne qui a eu beaucoup d'impacts sur la vie de nos ancêtres. Elle se situe entre 1840 et 1930 environ. À cette époque, le flux migratoire était énorme... 

Beaucoup de personnes sont allées aux États-Unis pour se faire de l'argent. Certains y sont restés pour de bon, d'autres ont fait le va-et-viens entre le Canada et les Etats-Unis. La situation économique du Canada était difficile et les États-Unis promettaient des bonnes places dans les usines pour un meilleur salaire qu'ici. Beaucoup de québécois ont voulu profiter de l'occasion. 

C'était facile de trouver de l'emploi là-bas, les québécois avaient bonne réputation. On les disait bon travailleurs et surtout, moins enclin à protester sur les conditions de travail et à faire la grève.

C'était des gens seuls, des couples et même des familles qui traversaient les frontières. Le gouvernement et le clergé ont tout fait pour retenir les citoyens: octroie de nouvelles terres à cultiver, diffamations envers ces catholiques qui n'en sont pas vraiment... Parce qu'il n'y avait pas beaucoup d'églises dans ce pays anglophone et que ces personnes allaient être assimilées à la culture protestante...

D'autres croyaient le contraire, ils pensaient que plus de canadiens-français se déplaçaient vers les anciennes terres de la Nouvelle-France, plus les chances étaient grande de pouvoir ré-annexer un jour ces terres au Québec. Une conquête pacifique.

Les québécois se sont bien implantés dans leur nouveaux milieu. Ils ont construit des nouvelles églises catholiques et de nouvelles écoles, bien que le clergé n'ait pas donné beaucoup d'aide, du moins au début. Ils sont sont établis surtout dans le Michigan, Maine, le Vermont, le New Hampshire, le Massachusetts, le Rhode Island et le Connecticut. Une vague moins importante s'est aussi rendue dans le Michigan, le Minnesota, l'Oregon, l'Idaho et l'état de Washington.

Le flux s'est apaisé vers 1930, à cause de la crise économique de 1929. À ce moment, les Etats-Unis a décidé de fermer sa frontière à la migration canadienne. On croit que pendant l'exode, environ 1 million de québécois auraient tenté leur chance chez l'Oncle Sam.

Au point de vue généalogique, ça complique les choses. Si on de la difficulté à trouver le mariage d'un couple, est-ce que c'est parce qu'ils se sont mariés aux États-Unis? Dans certaines familles, on voit des enfants nés aux Etats-Unis et d'autres au Canada, pourquoi ce va-et-vient? Pourquoi certaines de ces familles ont décidé de rester et d'autre non? Pourquoi les registres des passages Canada-États-Unis ne mentionnent pas tout le monde? Certaines personnes sont "disparues" des registres, sont-elle décédées de l'autre côté de la frontière?

C'est une période qui apporte beaucoup de questions et complique la tâche d'un généalogiste. D'autant plus que les archives numériques sont payantes pour la plupart des États. J'ai déjà essayé de chercher un mariage par Ancestry et Family Search. Pour moi, ça n'a pas donné de résultats. Pas plus que mes recherches au Québec et en Ontario. Dans ce cas, si on ne trouve rien nul part, nos suppositions ne s'appuient sur rien.

Si on croit qu'une famille X est partie, disons, dans le Maine, on peut toujours contacter la Société généalogique de l'état. Attendez-vous cependant à payer pour que quelqu'un puisse faire la recherche pour vous. De plus, il n'est pas garanti qu'il y ait une découverte découlant de cette recherche.

Pour plus d'informations sur cette période historique, je vous conseille de suivre les liens de mes sources. C'est une période qui s'étend sur presque un siècle et l'exode a une place importante dans notre histoire.

Exceptionnellement, je ne ferais pas de texte le 16 août prochain. Je pars en vacances! Mon prochain billet sortira donc le 30 août. Ce sera le premier billet d'une série de deux ou trois sur mes découvertes concernant le premier arrivant Frégault (Frigo) en Nouvelle-France, François. C'est le résumé d'environ 5 ans ans de recherches...

Sources:
http://grandquebec.com/histoire/migration-etats-unis/
https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1987-v41-n1-haf2377/304520ar.pdf
http://www.levasseur.org/doc/dossiers/200202_Emigration_US_fra.pdf
http://www.mapageweb.umontreal.ca/dessurec/hst2426/Emigration.pdf

mercredi 26 juillet 2017

La famille de Robert Caron et Marie Crevet, mes SOSA 4112 et 4113

Pourquoi chercher un SOSA si loin me direz-vous? C'est simple, à ma dixième Génération (SOSA 514 et 515), je rencontre le couple d'Étienne Caron et Geneviève Tondreau, me ce ne sont pas les premiers représentants de leur familles en Nouvelle-France. J'aime bien me rendre aux premiers. Les premiers Tondreau seront le sujet d'un futur billet.

Donc, je me concentre sur Robert Caron et Marie Crevet (ou Crevel), tous les deux des pionniers.

Commençons avec Marie. Elle est née vers 1621 à Béneauville dans le Calvados (Normandie). Ses parents sont Pierre Crevel et Marguerite Lemercier. Pierre serait décédé avant 1637 et Marguerite en 1637. D'ailleurs, on estime que Marie à débarqué en Nouvelle-France en 1637. Comme le premier contingent de Filles du Roy est arrivé en 1663, on peut affirmer que Marie n'était pas l'une d'entre elles. Cependant, on devait déjà parler d'envoyer des femmes en Nouvelle-France, ou du moins de trouver des moyens d'augmenter la population. Marie était orpheline et avait 16 ans. En plein dans l'âge où on a le goût d'aventure.

Robert, lui sera probablement né en 1612 et il est arrivé en Nouvelle-France en 1635 ou 1636. Certains affirme qu'il aurait pris un bateau appartenant à la Compagnie des Cent-Associés. On ne connait pas le lieu de naissance ni les parents de Robert. L'église de Québec, le lieu de son mariage avec Marie, a brûlé en 1640. Le répertoire a été reconstitué de mémoire, mais le nom des parents de Robert a dû être oublié par celui qui avait écrit la nouvelle copie. La rumeur veut tout de même que Robert soit de Poitou-Charentes.

L'année même de l'arrivée de Marie, 1637, le couple s'est marié. c'était le 25 octobre. Robert a été fermier probablement toute sa vie. Le couple a eu 7 enfants:

Marie
          N: Vers 1638, lieu indéterminé
          M: 28 juillet 1656 à Québec avec Jean Picard
          D: 9 juin 1660 à Québec

Jean Baptiste
          B: 10 juillet 1641 à Québec
          M: 16 novembre 1661 à Château-Richer avec Marguerite Gagnon
          D: 28 décembre 1706 à Ste-Anne-de-Beaupré

Robert
          B: 20 février à Québec
          M: 14 novembre 1674 à Château-Richer avec Marguerite Cloutier
          D: 29 avril 1714 à Ste-Anne-de-Beaupré

Marie Catherine
          N: 23 novembre 1649 à Québec
          M: 30 novembre 1662 à Château-Richer avec Jacques Dodier
          D: 14 juin 1725 à Baie St-Paul

Joseph (mon SOSA 2056)
          N: 19 mars 1652 à Québec
          M: inconnu. Contrat de mariage 23 novembre 1683 avec Isabelle Bernier (mon SOSA 2057)
          S: 6 mai 1711 à Cap-St-Ignace

Pierre
          N: 11 juillet 1654 à Québec
          M: 19 février 1678 à Québec avec Marie Bernier (soeur d'Isabelle Bernier)
          D: Inconnu

Aimée
          N: Vers 1656, lieu inconnu
          M: Avant le 27 octobre 1673, lieu inconnu, avec Noël Langlois Traversy
          D: 4 octobre 1685 à Beauport

Robert a eu sa sépulture le 8 juillet 1656 à Québec. Marie, elle, a vécu 92 ans et a eu sa sépulture le 23 novembre 1695 à Baie-St-Paul. Leur descendance a été nombreuse; le nom de Caron est classé le 21ème nom de famille le plus populaire au Québec.


Le sujet de mon prochain billet sera sur l'impact généalogique de l'exode canadienne-française du 19ème siècle.

Source:
PRDH
Fichier Origine
naviresnouvellefrance.net
https://www.wikitree.com/wiki/Crevet-11
http://lequebecunehistoiredefamille.com/capsule/Caron/genealogie

mercredi 12 juillet 2017

Des Poilus canadiens

Lors de la première guerre Mondiale, les français avaient surnommés leurs soldats de tranchées "Poilus". Le sens du terme poilus avait une double signification. On pense d'abord à la pilosité, mais ça voulait aussi désigner une personne courageuse et virile. 

Jusqu'à vendredi passé, j'ai toujours cru que les canadiens s'étaient rallier sous la bannière britannique. Après tout, le Canada est une monarchie constitutionnelle, ce qui veut dire que le roi ou la reine britannique possède le commandement suprême de l'armée canadienne.

Voilà que j'apprends dans un texte publié dans le Cahier des Dix qu'il y avait aussi des poilus canadiens durant la grande guerre! Quand on y réfléchi un peu, on se dit "Pourquoi pas?"... Le sentiment d'appartenance était probablement ambiguë chez les canadiens français. Doit-on servir sous la bannière britannique ou française? On se sent beaucoup plus proche de ses cousins français que des anglais! 

Du côté politique, le gouvernement avait décidé de limiter l'enseignement en français au deux premières années du primaire et à une heure par jour en 1912. Le règlement était plus ou moins suivi, mais 1916, les inspecteurs ont été plus sévère par la suite. Des grèves de professeurs et d'étudiants éclatent à Ottawa.

En 1917, le gouvernement Borden met la circonscription en place. C'est qu'on manque de volontaires. Les anglais, comme les français, ne sont pas content. Il y avait des raisons économiques, par exemple, on avait besoin des fils dans les champs pour cultiver le blé et continuer à avoir une ferme rentable. 

De fortes manifestations se déclenchent au Québec. C'était en pleine période de mesures de guerre. Il y avait des soldats armés un peu partout dans les grandes villes. De plus, les francophones ont aussi une autre raison d'être choqués. S'ils servent dans l'armée, se sera en anglais. Il n'existait pas de régiments francophones. Sous la pression d'hommes influents, dont Wilfrid Laurier (alors ancien premier ministre du Canada), le fédéral a formé une unité francophone, le Royal 22ème Régiment. 

La manifestation du 1er avril 1918 est sanglante. Des gens s'étaient regroupés à Québec. On tente de disperser les gens, mais sans succès. On envoie la cavalerie pour intimider, ça ne marche pas. On crie (in english please!) à la population de rentrer chez elle. Les gens restent, j'imagine que crier en anglais a juste mis de l'huile sur le feu. On tire alors sur les manifestants qui paniquent. Quatre personnes sont tuées: Honoré Bergeron (49 ans), Alexandre Bussière (25 ans), Edouard Tremblay (23 ans) et Georges Demeules (15 ans). L’événement a aussi fait environ 70 blessés. Cinq d'entre eux était sol
dat, ils ont été blessé par des projectiles lancés par les manifestants.

À la lecture de la situation politique canadienne de l'époque, on comprends mieux les francophones qui ont décidé de s'enrôler dans la Légion Étrangère Française.

Il y a environ 170 000 canadiens français qui ont préféré allez s'enrôler dans la Légion Étrangère de la France. Ça signifie 11% des soldats canadiens qui ont combattus.

Le prochain billet ( 26 juillet): La famille de Robert Caron et Marie Crevet, mes SOSA 4112 et 4113.


Sources:
https://rha.revues.org/7426
http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/670350/premiere-guerre-mondiale-consequences-canada-quebec-jean-michel-leprince
https://l-express.ca/bataille-des-epingles-a-chapeaux/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Poilu
http://www.pourquois.com/histoire_geo/pourquoi-surnomme-t-soldats-14-18-poilus-.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meute_de_Qu%C3%A9bec_de_1918
https://www.erudit.org/fr/revues/cdd/2016-n70-cdd02912/1038746ar/     (Cahier des Dix, n.70, 2016, p. V-436, Les Poilus canadiens durant la Grande Guerre
http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/415254/la-memoire-de-la-grande-guerre-la-guerre-oubliee-des-poilus-quebecois
https://www.franceculture.fr/emissions/sur-les-docks-14-15/14-18-la-grande-guerre-des-canadiens-francais-une-memoire-emmuree

samedi 1 juillet 2017

Post-mortem Challenge AZ 2017

Quelle belle expérience!

Ça bien sûr été difficile à organiser. Je me suis décidée tard, soit environ deux semaines avant le challenge. Mais j'ai adoré mon expérience!

Pour l'année prochaine, j'ai déjà une idée de ma ligne directrice. Je veux m'y prendre plus tôt, question d'voir plus de temps pour la recherche. Bien sûr, la rédaction demande du temps, mais ce n'est rien comparé à la recherche! Il va juste falloir que je me tienne à mon idée, je suis du genre à changer d'idées facilement :) .

Pour la dernière semaine, je me demandais bien si j'allais pouvoir finir dans les temps. Je voulais absolument que mes articles paraissent à la date prévue par le challenge. J'ai l'impression d'avoir passé moins de temps pour peaufiner ces derniers articles. Mais à la fin du compte, je crois que la qualité y était mais que je devenais peut-être plus exigeante sur le produit final. Un autre problème qui se réglera en m'y prenant plus d'avance.

L'expérience m'a aussi redonné le goût d'écrire. J'avoue avoir perdu un peu du feu sacré pendant l'hiver... Il s'était passé pas mal de choses dans ma vie privée et je n'étais pas capable de me trouver du temps (et le goût) d'écrire. Il faut dire que je n'avais pas un lectorat très développé. L'avantage de ce genre de défi est justement d'attirer plus de gens à lire les articles. Avant le défi, j'avais eu environ 1500 visites en un an. Avec le défi, en un mois j'ai eu pas loin de 3550 visites! Environ 2000 lectures en un mois, ça fait chaud au cœur. J'ai eu pas mal d’encouragements (pas tous publiés car beaucoup verbal) et des suggestions pour améliorer l'apparence et le contenu du blog. D'ailleurs, il me fait toujours plaisir d'avoir ces remarques si elles sont constructives, ainsi je peux offrir un blog de meilleure qualité.

J'aimerais à partir de maintenant publier un texte tous les deuxièmes et derniers mercredis du mois. Pour être sûr de ne rien manquer, vous pouvez vous abonner à mon blogue ou une de mes pages Google + (Julie Frégault et Généalogie québécoise). Je pense aussi peut-être me partir une page Facebook juste pour ça, je vous donnerais des nouvelles là-dessus quand elle paraîtra. Si les généathèmes continuent, il y a de bonnes chances pour que j'y participe. Et je peux toujours adapter un sujet à la sauce québécoise...

Encore merci de m'avoir suivi et j'espère que vous continuerez à me lire. J'ai aussi découvert quelques blogs que je suivrai avec joie.

Alors , on se revoit dans deux semaines?


Merci à Céline pour avoir partagé deux de mes billets sur son blog.
Merci aussi à Magenea pour avoir partagé un de mes billets sur son blog.
Merci à Scribavita pour ses beaux commentaires à propos de mon challenge

Cliquez sur leurs noms et faites un petit tour pour voir leur travail, ça vaut la peine!